Démarche générale

Entre soif de savoir et quête de sens

Pourquoi produire des images ? Face à la complexité en apparence insoluble du monde, elles figurent des concepts, combinent des notions sans forcément apporter de réponses figées. L’image est le vecteur d’un dialogue entre son créateur/locuteur et ses destinataires, qui les interprètent à travers le prisme de leur culture, de leur expérience et de leurs croyances.

Dessiner permet d’essayer de comprendre, de chercher une vérité et a minima de s’approprier son environnement. Représenter, imager permet de conserver, de lutter contre la disparition. Collectionner, regrouper, classer, inventorier, montrer des images est une tentative de compréhension objective et de stabilisation de la réalité.

Mes dessins me permettent de figer mon univers intime, mouvant, en perpétuelle évolution. Je construis un fond documentaire, une mythologie personnelle et l’expose, le présente au monde extérieur. Les images/illustrations produites sont les traces d’une narration disparue, que le regardeur doit recréer, à la manière d’un archéologue.

Mon travail s’inspire de ressources documentaires et essentiellement de planches scientifiques. J’utilise ce formalisme pour ancrer un monde fictif dans le domaine du vrai. La technique du dessin et les aberrations formelles laissent une part de mystère qui permet à chacun d’y trouver sa propre réalité.

En juxtaposant des représentations d’animaux réels, d’êtres issus de mythes universels ou de mon bestiaire personnel, en mêlant des dessins, des facs-similés de gravures, des estampes et des clichés-verres (tirages argentiques de négatifs réalisés manuellement sur une plaque de verre), je questionne la véracité des documentations, et par là notre rapport à la connaissance, aux savoirs, aux sciences, à la mémoire et à la trace.

En représentant, inventant, dépeçant, « rhabillant » des animaux, authentiques ou utopiques, j’essaie de dévoiler ce qui nous unit à eux, Je donne à voir notre rapport à l’animalité et notre part d’animalité. L’animal nous confronte à l’altérité tout en nous rappelant notre indéniable connexion au vivant et à la nature. Il est le support de nos projections.

Imager est une tentative désespérée de lutter contre l’instabilité de la réalité et l’éphémère de la vie.