Autopsie de notre rapport au vivant
« On appelle naître commencer à être autre chose que ce qu’on était et mourir le contraire »
Ovide, extrait de Métamorphoses, Emanuele Coccia, 2020,
Je construis un fond documentaire, une mythologie personnelle. Les illustrations sont les archives d’une narration disparue que le regardeur doit recréer, à la manière d’un archéologue.
Mon travail s’inspire de ressources documentaires et essentiellement de planches scientifiques. J’utilise ce formalisme pour ancrer ce monde fictif dans le domaine du vrai. Je questionne notre rapport à la connaissance, aux savoirs, aux sciences, à la mémoire et à la trace, au temps.
« La nature est cette communauté merveilleuse où nous introduit notre corps »
Novalis, 1801
En représentant, dépeçant, « rhabillant » des animaux, authentiques ou utopiques, j’essaie de dévoiler ce qui nous unit à eux. J’imagine de nouveaux êtres hybrides, déjà à l’état de trace, de restes. Ces chimères, inertes, convoquent ce lien viscérale qui nous unit au vivant, nous rappellent notre indéniable connexion au monde sensible.
J’accumule les images de graines, de fragments de végétaux, de reliques du monde perceptible, que je juxtapose à celles évoquant des organes ou un monde qui grouille, en perpétuelle métamorphose.
Imager, à l’instar de collectionner, est une tentative désespérée de lutter contre l’éphémère de la vie.
A l’heure des grandes extinctions, quelle relation reconstruire avec le vivant et le sensible ?
février 2024