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Citations

« Peut-être, […] la source de tout art et sans doute aussi de toute pensée est-elle la crainte de la mort. Nous la craignons, nous frissonnons en présence de l’instabilité des choses, nous voyons avec tristesse les fleurs se faner, les feuilles tomber chaque année, et nous sentons manifestement dans notre propre cœur que nous sommes, nous aussi, éphémères et que nous fanerons bientôt. Lorsque, comme artistes, nous créons des formes ou bien, comme penseurs, cherchons des lois ou formulons des idées, nous le faisons pour arriver tout de même à sauver quelque chose de la grande danse macabre, pour fixer quelque chose qui ait plus de durée que nous mêmes. »

Narcisse et Goldmund, Hermann HESSE, 1948


« Nous pourrions produire, il nous semble, un nombre indéfini de monstres, combinaisons de poisson, d’oiseau et de reptile, sans autres limites que la lassitude ou le dégoût. Cela pourtant n’arrive pas […] nos monstres naîtraient morts, grâce à Dieu. »

Le Livre des êtres imaginaires, Jorge Luis Borges
avec la collaboration de Margarita Guerrero, 1987


Isabelle Stengers, Résister au désastre, extraits d’entretien, éditions Wildproject, 2019

« Tout ce que nous savons des animaux, c’est grâce aux rapports que nous nous rendons capables d’entretenir avec eux. Et donc l’idée d’un animal pur, qui ferait l’objet d’un connaissance objective, est une mauvaise idée. […] Il faut beaucoup apprendre, beaucoup imaginer, beaucoup se laisser affecter pour obtenir un rapport, et notamment un rapport qui soit de partenariat, pas un rapport d’asservissement. »

(avec les animaux) p. 27 – 28, à propos des travaux de Vinciane Despret

 » Il demande peut-être un culture du récit, car ce sont les récits qui ouvrent l’imagination, qui préparent à aborder une situation dans sa particularité, à la rendre intéressante comme telle et pas seulement comme terrain pour l’application d’un savoir objectif. Les récits sont intéressants dans la mesure où ils rendent sensible à toutes les voix discordantes qui composent une situation, ils apprennent à écouter et à faire attention. » p. 55 – 56


Emilie Hache, extraits de la postface de Résister au désastre, d’Isabelle Stengers, éditions Wildproject, 2019

« La violence des attaques portées contre la jeune Greta Thunberg qui ose, elle qui ne sait pas, faire la leçon aux adultes, qui eux savent, nous rappelle l’extrême séparation qu’on exige de nous vis-à-vis de ce monde de l’enfance, de reste d’animisme, de sauvage, de féminin dans notre monde civilisé, qui n’est acceptable qu’à condition de demeurer à asa place, mais dit aussi en creux l’immense ressource que constituera toujours toute possibilité de s’y reconnecter. » p. 78

« Comment rouvrir notre système de parenté patriarcal, prédateur à tous égards, et changer d’autant notre rapport à l’avenir, à la mort, comme notre rapport au monde vivant ?  » p. 83

« Que peut-on fabriquer aujourd’hui qui puisse être éventuellement ressource pour ceux et celles qui viennent ? […] On connait bien les fictions destructrices – la fiction juridique de la propriété privée, celles de l’Homo œconomicus, de la Nature, ou encore de notre système de parenté -, et le geste pragmatique fait le pari que plus l’on affirmera cette dimension créatrice, mieux on défendra, nourrira, avec toute l’attention et le soin qu’elles requièrent, des fictions d’émancipation et de régénération. » p. 83 – 84


Baptiste Morizot, à propos de Message de la part des autres de Paul Shepard
extrait de la revue «  Billebaude  » n°11, « L’animal imaginaire », novembre 2017, rubrique philosophie p. 28

« La crise écologique actuelle, plus qu’une crise des sociétés humaines d’un côté, plus qu’une crise des vivants de l’autre, est une crise de nos relations au vivant. C’est dans ce tissage interstitiel et invisible qui nous lie au vivant, au vivant en nous et hors de nous, que se trouverait la vraie crise. C’est la crise d’un vivant qui a oublié sa parenté avec les autres vivants, et qui est insensible au fait que son essence réside peut-être dans ses relations à eux. C’est donc aussi une crise de la sensibilité. C’est ce branchement sensible, affectif, pratique au vivant qui a été défait et qu’il faut réinventer. »


Bibliographie (hors citations) – (mai 2020)

Manifeste du Muséum – Humains et autres animaux, éditions du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris et Reliefs éditions, novembre 2019

Croire aux fauves, Nastassja Martin, éditions Verticales, novembre 2019, lien

Née contente à Oraibi, Bérengère Cournut, édition du Tripode, 2016

De Pierre et d’Os, Bérengère Cournut, édition du Tripode, 2019

Anima, Wadji Mouawad, Actes Sud, 2012

Les travaux d’Alessandro Pignocchi : Son blog
Petit traité d’écologie sauvage, tome 1, Steinkis Editions, 2017 – consultable en ligne


PodcastS
En finir avec la nature !

La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, diffusion

« La nature envahit la campagne… des municipales. Ce n’est pourtant pas le meilleur mot pour envisager l’espace laissé aux autres vivants, tous ceux qui n’appartiennent pas à l’espèce qui a fait sécession : les hommes, au sens générique. Le philosophe Baptiste Morizot entend leur faire de place. »

Autres podcast de Baptiste Morizot sur France Culture :

https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-idees/comment-vivre-parmi-les-autres

https://www.franceculture.fr/conferences/bibliotheque-publique-dinformation/est-il-enfin-possible-de-vivre-en-paix-avec-les

https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/les-diplomates-par-baptiste-morizot


Page ressources, Le petit oiseau de feu, 2019

Extrait de Manière d’être vivant, Baptiste Morizot, éditions Actes Sud, février 2020, p113

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La Grande table idées par Olivia Gesbert – 01/10/2020
Nastassja Martin et l’anthropologie des frictions

Elle interroge le sauvage et l’interpénétration des mondes… Après « Croire aux fauves » qui lui a valu le prix Joseph Kessel en 2020, l’anthropologue Nastassja Martin signe la préface de « Friction », l’ouvrage de l’anthropologue Anna L.Tsing, qu’elle a également traduit.