Thylacine | Anatomie & cryptozoologie


« Dans un contexte où se mêlent notre culpabilité face à sa disparition et notre connaissance lacunaire quant à son comportement, le tigre de Tasmanie semble condamné à demeurer un éternel sujet de fantasme. » *

Ce dessin, commencé au printemps 2017 et achevé à l’automne 2019, me permet d’aborder plusieurs aspects de notre rapport à l’animal et aux connaissances.

> Présent dans les cultures aborigènes depuis des millénaires, le thylacine, ou tigre de Tasmanie, est déclaré « espèce éteinte » depuis 1936. Sa disparition peut être attribuée à l’homme occidental et donc à « notre » rapport dominant à la nature. Une opposition décisive, violente et profonde entre deux manières d’être au monde.

> Il reste peu de traces du thylacine, découvert par les occidentaux en 1805, quelques fossiles, peu d’individus naturalisés avec justesse et quelques photographies et vidéos des derniers représentants de l’espèce tournants en rond dans une cage. Le thylacine a été peu étudié dans son milieu naturel et n’a pu se reproduire en captivité.

« Le thylacine n’a pas seulement la « tare » d’être un marsupial. C’est aussi un prédateur, le plus grand de l’île. Les colons ne tardent pas à le soupçonner de s’attaquer aux troupeaux. Dans ce contexte, la construction de connaissances scientifiques sur le thylacine s’accompagne d’un foisonnement de mythes dans un va-et-vient où l’autorité scientifique confirme les croyances, tandis que les mythes populaires font leur entrée dans les revues spécialisées. » *

> Dans le refus d’accepter sa disparition – dû à un sentiment de culpabilité autant qu’à un attrait fondamental pour le fantastique  – nous pouvons déceler le pouvoir de l’imaginaire humain et découvrir la pseudo-science qui en découle.
La crytozoologie  : « science qui tente d’étudier objectivement le cas des animaux seulement connus par des témoignages, des pièces anatomiques ou des photographies de valeur contestable »


 

Thylacine, encre, pierre noire, sanguine, et gouache sur papier, 40 x 60 cm, printemps 2017 à automne 2019

Ce travail reprend donc plusieurs codes, ceux :

> de représentation anatomique des planches d’étude
> de l’art rupestre aborigène / des fossiles
> des images des caméras de vidéo-surveillance : dernière « preuve » de la survie du thylacine

 


En savoir plus :

* L’invention du Thylacine, Pauline Bertrand, revue «  Billebaude  » n°11,
« L’animal imaginaire », novembre 2017, p. 18 à 26

Wikipédia – Thylacine

The Thylacine Museum

Article de présentation par l’université de Melbourne

Reconstruction en 3D d’un Thylacine, The University of Melbourne

3D sur Youtube

 Vidéo d’un thylacine en captivité, YouTube

Publication sur la recherche du génome du Thylacine, en vue d’un potentiel clonage

 


Articles :

Le tigre de Tasmanie a-t-il vraiment disparu ?,  Le Monde, publié le 28/03/2017

Un animal disparu depuis 80 ans filmé en Australie ?, Paris Match, p

Le tigre de Tasmanie est-il de retour ? Le Point, publié le
 » VIDÉO. De récents documents laissent à penser que ce marsupial, censé avoir disparu il y a plus de 80 ans, pourrait avoir survécu, rapporte CNN. »

Australie : Un tigre de Tasmanie filmé 80 ans après la disparition de cette espèce ?, 20 Minutes, p
ANIMAUX C’est un Australien, qui avait installé une caméra pour surveiller sa maison, qui a fait cette étrange découverte…

 


Artiste référence :  The island, Walton Frod, 2009